Le divorce par consentement mutuel est aujourd’hui la procédure la plus rapide et la plus utilisée en France. Mais une question essentielle revient presque systématiquement : qu’en est-il de la pension entre époux ?
Contrairement à certaines idées reçues, le divorce amiable ne signifie pas l’absence de compensation financière. La pension entre époux, souvent confondue avec la prestation compensatoire, peut jouer un rôle déterminant dans l’équilibre du divorce.
Dans ce guide complet, vous allez comprendre en détail le fonctionnement de la pension entre époux dans un divorce par consentement mutuel, les conditions pour en bénéficier, son calcul, ainsi que le rôle de l’avocat dans cette procédure.

Divorce par consentement mutuel : définition et fonctionnement
Le divorce par consentement mutuel repose sur un principe simple : les deux époux sont d’accord pour divorcer et sur toutes les conséquences du divorce.
Cela inclut notamment :
- la séparation des biens
- la garde des enfants
- la pension alimentaire
- et la pension entre époux
Depuis la réforme de 2017, le divorce ne passe plus devant un juge (sauf cas particuliers). Il se formalise par une convention rédigée par les avocats et enregistrée par un notaire.
Ce type de divorce présente plusieurs avantages :
- rapidité de la procédure
- coût généralement plus faible
- maîtrise des décisions par les époux
Cependant, cet accord global suppose que toutes les questions financières, y compris la pension entre époux, soient clairement définies.
Pension entre époux et prestation compensatoire : comprendre la différence
Il est essentiel de distinguer deux notions souvent confondues :
La pension entre époux pendant la procédure
Dans certains cas, une pension peut être versée pendant la durée de la procédure de divorce. Elle vise à maintenir un certain équilibre financier temporaire entre les époux.
Cependant, dans un divorce par consentement mutuel, cette phase est généralement très courte, voire inexistante.
La prestation compensatoire après le divorce
La prestation compensatoire est la véritable “pension entre époux” après le divorce.
Elle a pour objectif de compenser la différence de niveau de vie entre les deux époux causée par la rupture du mariage.
Elle peut être versée :
- sous forme de capital (le plus fréquent)
- sous forme de rente
- ou sous forme mixte
Dans quels cas une pension entre époux est-elle prévue ?
La pension entre époux n’est pas automatique. Elle dépend de la situation des conjoints.
Elle peut être prévue notamment lorsque :
- l’un des époux a sacrifié sa carrière pour la famille
- il existe un écart important de revenus
- l’un des conjoints est en situation de précarité
- la durée du mariage est longue
L’objectif est de rétablir un équilibre économique équitable après le divorce.
Comment est calculée la pension entre époux ?
Contrairement à la pension alimentaire, il n’existe pas de barème strict pour la prestation compensatoire.
Le calcul repose sur plusieurs critères :
Les revenus des époux
Salaires, revenus professionnels, patrimoine, placements…
La durée du mariage
Plus le mariage est long, plus la compensation peut être importante.
L’âge et l’état de santé
Un époux proche de la retraite ou en mauvaise santé peut nécessiter une compensation plus élevée.
Les choix de vie pendant le mariage
Par exemple :
- arrêt de carrière
- temps partiel pour élever les enfants
Le patrimoine
Biens immobiliers, épargne, investissements…
Exemple concret de pension entre époux
Prenons un cas fréquent :
Un couple marié depuis 15 ans
- Monsieur gagne 3 500 € / mois
- Madame gagne 1 200 € / mois
- Madame a arrêté de travailler pendant 8 ans pour s’occuper des enfants
Dans ce cas, une prestation compensatoire pourra être envisagée pour compenser cette différence de situation.
Elle pourra prendre la forme :
- d’un capital (par exemple 30 000 €)
- ou d’un transfert de bien (part immobilière)
Le rôle essentiel de l’avocat
Même dans un divorce par consentement mutuel, chaque époux doit avoir son propre avocat.
L’avocat joue un rôle central :
- il vérifie l’équilibre de la convention
- il protège les intérêts de son client
- il s’assure que la pension est juste et réaliste
Un mauvais accord peut avoir des conséquences financières importantes sur le long terme.
Pension entre époux et négociation
Dans un divorce amiable, tout repose sur la négociation.
Les époux peuvent :
- décider d’une prestation compensatoire
- en fixer librement le montant
- choisir sa forme
Mais attention : un accord déséquilibré peut être contesté par la suite.
Fiscalité de la prestation compensatoire
La fiscalité dépend du mode de versement :
Capital versé rapidement
- réduction d’impôt possible pour le débiteur
- non imposable pour le bénéficiaire
Rente
- imposable pour le bénéficiaire
- déductible pour le débiteur
Il est essentiel d’anticiper cet aspect dans la négociation.
Peut-on refuser une pension entre époux ?
Oui.
Dans un divorce par consentement mutuel, les époux peuvent décider :
- de ne pas prévoir de prestation compensatoire
- ou de renoncer à toute compensation
Mais cette décision doit être prise en toute connaissance de cause.
Les erreurs à éviter
Certaines erreurs sont fréquentes :
- sous-estimer ses besoins futurs
- accepter une compensation trop faible
- ne pas prendre en compte la retraite
- négliger l’impact fiscal
Un accompagnement sérieux est indispensable.
Divorce par consentement mutuel et pension entre époux : ce qu’il faut retenir
La pension entre époux est un élément clé du divorce, même en cas d’accord amiable.
Elle permet de :
- garantir une certaine équité
- protéger le conjoint le plus fragile
- éviter des déséquilibres financiers durables
Chaque situation étant unique, une analyse personnalisée est essentielle.
FAQ – Divorce par consentement mutuel et pension entre époux
La pension entre époux est-elle obligatoire ?
Non, elle dépend de la situation et de l’accord entre les époux.
Quelle est la différence avec la pension alimentaire ?
La pension alimentaire concerne les enfants. La prestation compensatoire concerne les époux.
Peut-on modifier une prestation compensatoire ?
Cela dépend de sa forme. Une rente peut être révisée, un capital non.
Combien coûte un avocat pour ce type de divorce ?
Les honoraires varient, mais un divorce par consentement mutuel est généralement moins coûteux qu’un divorce contentieux.
Combien de temps dure la procédure ?
En moyenne entre 1 et 3 mois si le dossier est complet.
Conclusion
Le divorce par consentement mutuel est une procédure efficace, mais elle nécessite une réflexion approfondie sur les conséquences financières, notamment la pension entre époux.
Prendre le temps de comprendre ses droits, d’anticiper l’avenir et de s’entourer des bons professionnels permet d’éviter de nombreuses erreurs.
Un divorce réussi est avant tout un divorce équilibré.
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